Commençons par Trakai, une petite ville médiévale située à 30 km à l'ouest de Vilnius. Les alentours comptent environ 200 lacs sur lesquels de nombreuses îles se sont formées. Trakai est connue pour avoir été la capitale de la Lituanie au XIII siècle. En 1323, c'est Vilnius qui hérite de cette place. Trakai perd alors son statut de centre administratif, militaire et économique du pays mais son château continue d'accueillir les grands ducs de Lituanie. C'est le grand duc Gediminas (1316 - 1341), l'un des personnages les plus importants de l 'histoire de la Lituanie, qui est à l'origine de la construction du château en brique rouge actuel qui a remplacé le château de pierre d'origine. La deuxième particularité notable de Trakai réside dans la présence d'une forte communauté karaïte. L'un des descendants de Gediminas, le grand duc Vytautas (1392 - 1430) qui ramena à Trakai quelques centaines de familles issues de cette secte juive et nomade de Turquie suite à une campagne militaire autour de la mer noire. Cette communaité devint la gardienne du château et reste aujourd'hui très présente dans la ville (environ 40% des karaïtes de Lituanie vivent à Trakai). Cette minorité est la plus petite du pays mais elle marque Trakai par ses maisons en bois à trois fenêtres (une pour Dieu, une pour le grand duc et une pour la famille). De plus, les restaurants de la ville proposent des kibinai (beignets à la viande), spécialité des karaïtes. Une ville et un château incontournables pour tous ceux qui visitent la Lituanie !
Quelques mots sur la ville thermale de Druskininkai dans un prochain article ...
dimanche 30 août 2009
Semaine d'intégration - Trakai
Je ne vais pas vous parler de Vilnius maintenant même si j'y ai déjà fait mes premiers pas. Un article y sera consacré plus tard. Ma semaine d'intégration a été marquée par ma visite de Trakai et Druskininkai.
samedi 29 août 2009
Youozas Baltouchis et La Saga de Youza
Je pense qu'il est temps de vous en dire un peu plus sur ce mystérieux Youozas Baltouchis qui a inspiré le nom de ce blog. Je vais donc vous faire partager le fruit de mes recherches et de ma lecture.
Cet écrivain lituanien est né à Riga, capitale de la Lettonie en 1909. Il ne s'installe en Lituanie qu'en 1918 (à Vilnius puis Kaunas, deuxième ville du pays). Son véritable nom est Albertas Juozénas mais il écrit sous son pseudonyme Juozas Baltusis (écrit en phonétique dans la traduction française). D'abord berger puis ouvrier, il s'engage aux côtés des soviétiques pour lutter contre le nazisme, notamment à travers des émissions de radio diffusées depuis Moscou. Il occupe plusieurs postes importants au sein du parti communiste lituanien et son engagement perdure jusqu'à sa mort le 4 février 1991 à Vilnius (il ne voit donc pas la sortie définitive de la Lituanie du bloc soviétique un mois plus tard).
Son oeuvre est multiple puisqu'elle se compose d'essais, pièces de théâtres, romans et mémoires. Son engagement politique transparaît largement dans ses livres dont les thèmes principaux sont les luttes ouvrières et la description de la paysannerie (notamment celle de l'évolution de sa mentalité) en particulier dans l'entre-deux-guerres.
La Saga de Youza (en lituanien, Sakmé apie Juza ) a été publiée en 1979 dans sa version lituanienne et en 1981 dans sa version russe. Seul livre de Baltouchis disponible en français, il faut attendre 1990 pour la publication de la traduction.
Ce roman est d'abord l'histoire d'un paysan lituanien né au début du XX siècle. Homme solitaire et amoureux meurtri, Youza décide de quitter son village pour s'installer dans le marais voisin, le Kaïrabaïlé. Dans cet endroit craint de tous parce qu'il "engloutit" quiconque si aventure, Youza nous fait vivre le quotidien d'un fermier lituanien dans l'entre-deux guerres : de la construction de sa métairie en bois (avec des bains évidemment !) à la production de fromage, crème, miel et bien sûr de pommes de terre. Mais Youza est aussi le seul à connaître le passage qui permet de traverser le marais sans s'enliser. Ce secret hérité de son grand-père et son isolement l'obligent à se confronter à l'histoire de son pays. A travers les rencontres de Youza avec des hôtes qui s'invitent eux mêmes, c'est un peu de l'histoire de la Lituanie qui se dévoile : premier pouvoir lituanien indépendant à la fin de la première guerre mondiale, retour des bolchéviques qui installent soviets et kolkhozes dans tous les environs, arrivée des nazis qui pourchassent indifféremment bolchéviques et juifs grâce aux Einzatsgruppen puis retour des bolchéviques à la fin de la deuxième guerre mondiale.
Ce roman est une plongée au coeur des traditions lituaniennes de l'époque dans laquelle la "petite" histoire d'un amour destructeur rencontre l'Histoire (avec un grand "H" comme on dit). Avis aux amateurs de littérature !
jeudi 27 août 2009
Je suis bien arrivée à Vilnius lundi dernier. Je n'ai pas arrêté une seconde depuis le début de la semaine : problèmes administratifs, découverte de l'université et des environs, visite de Vilnius et du château de Trakai (à 30 km de Vilnius), soirées, ...
Départ pour Druskininkai demain matin et retour samedi soir. Au programme : jeux, parc d'attraction et nuit la plus longue de l'année ! Affaire à suivre ...
jeudi 6 août 2009
Le départ ...
Le départ ... ce moment qui fait l'objet de tant de conversations depuis 1 an va devenir réalité dans un peu plus de 15 jours. Alors, à quoi ressemble-t-il ce départ ?
Départ rime d'abord avec bagages, problème à peu près résolu à ce jour.
Départ rime ensuite avec voyage : départ à 7h05 le lundi 24 août. Au menu : 2h de TGV Le Havre - Roissy, un premier avion Paris - Riga, une bonne heure d'attente à l'aéroport de Riga et un deuxième avion Riga - Vilnius. Arrivée à destination à 20h15 heure locale (soit 19h15 heure française).
Enfin, départ rime avec "comment atteindre la chambre 401B de la cité u depuis l'aéroport quand on a un niveau de lituanien totalement déplorable ?" Pas de panique, le sauveur s'appelle Martynas ! Il est étudiant à Mykolas Romeris et c'est mon "mentor" autrement dit mon "parrain". Sa première mission est donc de venir me chercher à l'aéroport et de m'amener à bon port. Et ensuite, et bien ... surprise !!
Le départ c'est toujours quitter ce que l'on connaît pour partir vers un inconnu qui exige de nous que nous nous adaptions à tous les niveaux (y compris pour les bagages ! Imaginez : 20 kg maximum ! A croire que les responsables des compagnies aériennes ne partent jamais plus d'un week-end quand ils prennent l'avion !!).
S'ouvrir, apprendre à aller vers l'Autre et sa culture sans préjugés pour le découvrir telles sont les véritables raisons de ce départ "obligatoire" pour 10 mois. La raison d'être de ce blog est donc de partager cet apprentissage et de faire découvrir une culture et un pays à ceux qui restent, à ceux qui partiront et à ceux qui ont choisi d'autres cieux pour vivre cette expérience.
Je vous souhaite à tous une bonne lecture et je l'espère un bon voyage !
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